Aux “Galeries d’Aizier”

Le bonheur des dames…

Sur les stores de ce commerce, les inscriptions indiquent la diversité des marchandises proposées dans ce « café-épicerie » surtout fréquenté par les femmes.

En 1769, cette parcelle de terrain comprend « une cour édifiée, close et plantée » ; elle se prolonge jusqu’à la sente au Banâtre.
Plus tard, une solide maison sera édifiée et conservera son aspect jusqu’à nos jours.
Sur les cartes postales du début du siècle représentant cette épicerie, on comprend la vie d’Aizier.
Quelques femmes et des enfants se sont rassemblés car l’arrivée du photographe, pour le compte du propriétaire du café, est un événement ! Les douaniers et le facteur montrent leur bel uniforme et les vélos neufs.
La publicité murale a fait son apparition. « Picon, demandez Picon » et la merveilleuse affiche du Chocolat Menier, avec sa petite fille au parapluie rouge, vue de dos (originalité exploitée pour la première fois) et qui est encore une référence chez les publicitaires actuels.

Affiche Chocolat MENIER

Affiche Chocolat MENIER

Le trottoir, en briques cimentées, permet de mettre à l’extérieur un guéridon, des paniers et des tonneaux. A l’intérieur, peu de place : le rez-de-chaussée est divisé en épicerie, café et une petite salle qui sert de lieu de vie.

Au bord de la route, un caniveau recueille les eaux de pluie venant d’un sentier bordé de quelques maisons. Du côté de la route de Bourneville (depuis peu nommée route du fond des Vaux), une chaumière en torchis longe la rue. Elle sera recouverte de lattes de bois vers 1912, puis démolie en 1944. De l’autre côté du café, une autre petite chaumière a disparue aussi : c’était la maison du rebouteux.
La recette principale des « galeries d’Aizier », vient de la vente de mercerie, confection, nouveautés et articles qui permettent aux dames de s’habiller à peu de frais, sans aller à la ville. On y vend aussi des balais, des goupillons, des cordes et quelques cadeaux.
On fait remplir sa bouteille d’huile ou de vin. On débite de la « goutte » par petits flacons, à l’usage de la couturière ou de la laveuse. Cet alcool sert aussi à nettoyer les plaies et à juguler les rhumes.
C’est l’époque du quotidien à 0,05 F, du kilogramme de pain à 40 centimes et du timbre-poste à 10 centimes.
Vers l’année 1900, ce commerce est tenu par Monsieur et Madame Angot dont une partie de la famille habite Arsault. Ce sont eux qui feront éditer par Bauer et Marchet, une série de cartes postales particulièrement intéressantes.
Jules Alexandre Angot a épousé Jeanne-Adélaïde Petit d’Aizier. L’établissement est prospère grâce à la diversité des ventes.
Au bout de quelques années, la maison sera reprise, très peu de temps par Madame veuve Duvray, puis par Monsieur Malherbe qui tiendra un commerce de viande.
Un temps, elle servira de bureau lors des travaux du quai.
Cette maison appartient maintenant à des particuliers implantés dans la commune depuis plusieurs générations. Après le décès des derniers occupants, celle-ci est actuellement en vente.

Peut-être que le prochain acquéreur ré-ouvrira un commerce nommé « Les nouvelles Galeries d’Aizier »… !!

Les galeries d'Aizier

Aux Galeries d’Aizier