Le monument aux Morts

Aizier n’a, hélas, pas eu le privilège de Thierville : en effet, dans cette charmante commune près de Glos-sur-Risle, il n’y eût aucun soldat tué au cours des guerres 1870-71, 1914-18, 1939-45.

D’après les décès enregistrés à l’Etat-Civil d’Aizier, il ne semble pas qu’il y ait des morts en 1870-71, alors que les Prussiens du Grand-Duc de Meklembourg sont allés par la vallée de la Risle, jusqu’à Pont-Audemer et sont remontés sur la plateau vers Bourneville où, dit-on, logeaient 1500 prussiens sous la neige de janvier 1971.
Admirons le fidèle souvenir des élus d’Appeville qui entretiennent pieusement la tombe du « soldat inconnu » de la guerre de 1870.

Monument aux Morts d'Aizie

Monument aux Morts d’Aizier (2017)

1917-1918 « La Grande Guerre »

Sous la palme d’or du monument d’Aizier, on peut lire les noms suivants :

Henry Joseph Alexandre HARRE – Il est simple soldat « mort pour la France » le 26 septembre 1914 à Bois-de-Ville dans la Marne. Il a 24 ans. Né à Tocqueville, il était fils d’Henri Victor journalier à Aizier et habité le bourg.
René Octave Eudeline – Fils d’Edmond et de Gabrielle née Pottier. Tué en 1914, sa transcription à l’Etat-Civil d’Aizier ne fut  faite que le 18 septembre 1915.
Edouard François Rozelet – Il était cultivateur à Arsault avec son père Edouard Frédéric et sa mère née Maria Lefort. Né à Aizier le 29 septembre 1889, il fut tué à la Folie dans le Pas-de-Calais le 25 septembre 1915, il avait 26 ans. Il ne fut transcrit aux décès d’Aizier qu’en 1922.

1939-1945

André Le Pallec – Né à Vieux-Port le 20 octobre 1913. Il est tombé « mort pour la France » à Aulnoy (Nord), le 17 mai 1940 à 27 ans. Il était l’époux de Marie-Thérèse Hoc, fille d’une très ancienne famille d’Aizier.

On déplore également une victime civile.
Henry Victor Hoc mortellement blessé par l’ennemi. Il décèdera à Pont-Audemer le 30 août 1944.
A cette douloureuse liste, on peut ajouter le jeune Louis Auguste Prévost mort en service commandé « pour l’amour du devoir accompli » à Cherbourg en 1925, à bord de son hydravion militaire. Il repose sous une colonne brisée comme l’a été sa vie pleine de promesses. Fils de Prudent Théodule et de Louise née Delamare, inhumés dans le cimetière. Il était frère de Prudent qui écrivit ses mémoires de navigateur en Seine et de Gaston qui est resté attaché au village.
Bien qu’habitant La Vaquerie, Jean et Jacques Lallemant n’avaient pas 20 ans quand ils furent victimes de la guerre. On ne saura jamais exactement pourquoi, le 28 août 1944, ils furent abattus sur la route, en lisière de forêt, à l’endroit où s’élève une stèle commémorative.

Le monument

Autrefois, les noms vénérés étaient modestement inscrits sur un papier encadré de bois, à l’intérieur de l’église.

Vers 1950, Monsieur Pierre Léon Quillan, maçon, édifia un monument où chaque année, les habitants d’Aizier sous la conduite de leur maire, venaient y déposer une gerbe.
Des obus marquaient son emplacement au sol, puis, les intempéries et les dégradations ont défraichi l’édifice.
Le conseil municipal, sous la présidence de Pierre Le Pallec, a procédé à la rénovation et au fleurissement du monument. Il a été inauguré le 11 novembre 1993.

« Puissent ces quelques lignes faire revivre, dans nos mémoires, les jeunes d’Aizier qui ont donné leur vie pour notre liberté ».

Madeleine JOTTE

Commémoration - 11 novembre 2016 - Aizier

Commémoration – 11 novembre 2016 – Aizier