Le transport du trousseau de la mariée

Depuis 4 mois, le contrat de mariage a été signé devant Maître Lacatey, notaire à Bourneville, avec le consentement des parents…

Aujourd’hui, 1er octobre 1852, 5 jours avant la noce, la petite Zélie, de 20 ans à peine, transporte son trousseau à Trouville-la-Haule, près de ses futurs beaux parents puisqu’elle épouse Marc Lépine, journalier cultivateur au Bout-des Hayes. Appolline Ezélise, pour l’état civil, est la fille de Louis André Rozelet et de Marie Anne Marette, nièce de Pierre (futur maire) tous natifs d’Aizier.

La charrette de la ferme a été nettoyée et ornée de fleurs. Dès le matin, l’armoire en chêne massif a pris place dedans, bien calée par les piles de draps et le linge. Le trousseau, soigneusement lavé, à été rincé à la fontaine du quai, comme le veut la coutume. Le lit complet est volumineux, l’édredon en « colti » (couti) rouge est rempli du plus fin duvet des canards de la ferme. La courte-pointe est en indienne.
Il ne faut surtout pas oublier le balai, insigne de la ménagère, pour la circonstance, il est orné de fleurs et de rubans.
Le bon cheval, habitué à tirer la charrue, se sent fier d’avoir été brossé ; son collier est fleuri et ses sabots passés au cirage noir. Thimotée, le petit frère de Zélie, qui n’a que 14 ans, conduit la vache cadeau de la marraine de sa sœur. Un violoneux précède la voiture.
Le long de la route à grand renfort de claquement de fouet, d’Arsault au Bout-des-Hayes, nombreuses sont les haltes chez parents et amis. Le cortège fait « la pose » : on y prend une « bouchie » arrosée d’un verre de cidre ou de vin blanc. On ajoute des cadeaux dans la voiture : une poule, un fichu de dentelle, une bouteille de vin, un pot de salé, une pouque de grain, sans oublier un parapluie : tout ce qui peut servir à un jeune ménage.
La côte de Vieux-Port est rude : la vache et le cheval méritent bien le seau d’eau fraîche !
Arrivés au terme du voyage, la future mariée est mise à l’épreuve : elle est tenue de balayer la salle de sa nouvelle demeure, sous les colibets  et les applaudissements des amis.
Les hommes installent les meubles sous la direction du frère ainé Louis Edouard. Les jeunes filles font le lit.
Qui peut prévoir qu’après avoir mis au monde 4 enfants, la jolie zélie sera conduite au cimetière de Trouville à l’âge de 30 ans, « abolie » par les maternités ?
… mais, en ce jour, tout le monde est joyeux. La date du mariage approche : le 5 octobre Zélie Rozelet deviendra Madame Lépine.

Le transport du trousseau de la mariée

Les galeries d’Aizier – Le transport du trousseau de la mariée